La vieillesse, un temps pour cultiver la sensibilité de l’âme

Le Pape a continué son cycle de catéchèses sur la vieillesse à l’occasion de l’audience générale de ce mercredi 30 mars. Un cinquième épisode dédié à la «fidélité à la visite de Dieu pour la génération future», à partir des figures de Syméon et Anne, qui accueillent le Messie dans le Temple. François a invité les personnes âgées à affiner leurs sens spirituels, alors que l’esprit du monde tend à les étouffer.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

«Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut», s’exclame le vieux Syméon depuis le Temple de Jérusalem, où il rencontre enfin le Christ (Lc 2, 29-30). Avec Anne, ils sont «pleins de vitalité spirituelle» et nous apprennent que «la fidélité de l’attente affine les sens», a expliqué ce mercredi matin le Pape François en salle Paul VI.

Cette sensibilité, c’est l’Esprit Saint qui la façonne, a précisé le Saint-Père en indiquant l’hymne Veni Creator Spiritus.

La source d’une manière d’être

La vieillesse affaiblit le corps «dans sa matérialité», mais elle peut être vécue dans l’attente de la visite de Dieu. «Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin (…) d’une vieillesse dotée de sens spirituels vifs et capables de reconnaître les signes de Dieu, voire le Signe de Dieu, qui est Jésus», a déclaré l’évêque de Rome. Et cela, d’autant plus dans une société qui «cultive l’illusion d’une éternelle jeunesse», anesthésie les sens spirituels, et privilégie le plaisir.

La sensibilité de l’âme, a détaillé le Souverain Pontife, ne concerne pas seulement la pensée de Dieu ou la religion, mais aussi «la compassion et la pitié, la honte et le remord, la fidélité et le dévouement, la tendresse et notre responsabilité envers l’autre». La vieillesse est la «première victime» de cet étiolement spirituel, dont bien souvent, on ne s’aperçoit pas.  

Et le Pape François de dénoncer une «rhétorique de l’inclusion des plus fragiles» qui ne relève que du «politiquement correct», tandis que «l’esprit de la fraternité» peine à se développer concrètement.

Sortir d’un esprit de compétition 

Le Pape a également relevé le «témoignage émouvant de tant de jeunes qui honorent pleinement cette fraternité», mais regrette le «fossé» entre ces exemples de «tendresse sociale» et le conformisme ambiant qui paralyse la jeunesse.

Les personnes âgées peuvent contribuer à combler ce fossé. Il faut revenir à l’histoire de Syméon et Anne, lesquels reconnaissent dans l’Enfant Jésus le «signe certain de la visite de Dieu». Dieu qui «ne prend pas chair dans leur génération, mais dans la génération future». Les deux humbles anciens ne manifestent pourtant «pas de ressentiment ou de récrimination pour cela», seulement de l’émotion et de la consolation, car la génération suivante sera sauvée.

Ils n’apparaissent pas comme des sauveurs, mais comme les premiers témoins du salut. Un point sur lequel a insisté François : si l’on veut à tout prix être le «personnage principal», alors devient-on superficiel et perdons-nous la «sensibilité de l’Esprit».  

Ainsi, «la sensibilité spirituelle de la vieillesse est capable de briser la compétition et le conflit entre les générations de manière crédible et définitive, a expliqué le Saint-Père après avoir une nouvelle fois invité au dialogue entre les générations. «C’est bien sûr impossible pour les hommes, mais c’est possible pour Dieu. Et aujourd’hui nous en avons tant besoin !», a conclu François.