« Qui s’élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé»

Vingt-troisième jour de Carême

Livre du prophète Osée (6, 1-6)

Venez, retournons vers le Seigneur ! il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera. Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face.
Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va. Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes, donné la mort par les paroles de ma bouche : mon jugement jaillit comme la lumière. Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Psaume

Refrain: Tu veux la fidélité, Seigneur, non le sacrifice.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense. R

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. R

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel. R

Évangile de Luc (18, 9-14)

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Méditons

L’ humilité devant Dieu est la condition sine qua non pour lui être agréable. Dieu est ce qui manque à l’homme tant que celui ne sera pas en Lui. Un homme rempli ou imbu de lui même ne peut jamais plaire à Dieu et de toutes les façons, il n’a pas besoin de Dieu. Il se prend pour l’artisan de sa justice et de sa charité. Or c’est Dieu qui donne à des êtres fragiles de lui ressembler et de l’adorer. C’est pour cela que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dit que tout est grâce. L’autosatisfaction est un péché d’orgueil. Notons que c’est l’orgueil qui amène toujours au péché ; le péché qui est un refus de l’homme de faire ce que Dieu veut pour se donner sa propre règle de conduite. Ce pharisien dont parle l’évangile de ce jour se contente de pratiques extérieures sans entrer dans une véritable relation d’amour qui lui fasse rencontrer le cœur de Dieu débordant d’amour pour reconnaître en Lui la source de tout don parfait. Il étale ses pratiques qui, en soi, ne sont pas mauvaises mais sont dénuées de vie.
A nous de nous demander si nos pratiques sont habitées par nous-mêmes dans un élan d’offrande aux autres et à Dieu ou les posons-nous pour obtenir la faveur de Dieu ? Dieu n’est pas un commerçant qui voudrait en échange de grâces nos bonnes pratiques mais Il attend de nous un amour vrai qui nous mette en route pour vivre selon ses préceptes.
L’amour et la gratuité sont indispensables pour rejoindre le cœur de Dieu. C’est en voyant la grandeur de cet amour divin que nous nous rendons compte que nous sommes loin de lui répondre convenablement.
Nous reconnaissons alors nos limites malgré nos bonnes œuvres et nous voyons notre pauvreté et notre misère. C’est alors que notre prière se fait humble devant Dieu puisque nous croyons en la grandeur de sa miséricorde.

En ce temps où l’Église nous invite à faire pénitence, penchons-nous sur nos limites et offrons-les à Dieu comme ce publicain qui est justifié par sa profonde humilité.