Pourquoi un Mercredi des Cendres ?

Voir dans l’onglet « LITURGIE » les documents pour la messe du Mercredi des Cendres de Moutiers & la Tranche

Le mercredi des Cendres marque l’entrée officielle en Carême et dans le cycle pascal. Il est toujours célébré 40 jours avant le dimanche de Pâques (dimanches non compris). Les cendres qui proviennent des rameaux de l’année précédente, brûlés pour l’occasion, sont déposées sur le front des fidèles. Cette coutume de se couvrir la tête de cendres – et à l’origine de se revêtir aussi d’un sac – est une ancienne pratique pénitentielle qui remonte au peuple hébreu (Jonas 3.5-9 ; Jérémie 6.26;25- 34 ; Matthieu 1 1,21).

Peu à peu, la pénitence publique a disparu mais l’imposition des cendres a demeuré. Celles-ci sont déposées en croix sur le front du fidèle par un ministre consacré qui prononce la formule « Tu es poussière et tu redeviendras poussière » (Gn 3,19).

Si le rituel est resté le même, la réforme liturgique suivant le Concile Vatican II (1963-1965) propose une seconde formule rituelle : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15), qui met en valeur un aspect beaucoup plus positif du Carême.

La symbolique des cendres

Le Carême s’ouvre avec la célébration du mercredi des Cendres. Dans la Bible, les Hébreux se couvraient la tête de cendres en signe de pénitence. Ce symbole s’est imposé tardivement dans la liturgie catholique du premier jour du Carême.

Plus profondément, la cendre est indissociable de la poussière – les traducteurs grecs de la Bible emploient souvent un mot pour l’autre – renvoyant à celle d’où l’homme a été tiré avant que Dieu ne lui insuffle la vie. « Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière », chante ainsi le psalmiste (Ps 103,29) alors que Dieu met en garde Adam : « Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras » (Gn 3,19).

La cendre symbolise ainsi le néant de l’homme devant l’absolue transcendance du Dieu qui se révèle à Moïse à travers un buisson ardent qui, lui, ne se consume pas. Elle est donc, logiquement, l’état auquel retourne le pécheur qui se détourne de Dieu. Ainsi l’idolâtre « qui se repaît de cendre » (Is 44,20) et dont le « cœur n’est que cendre » (Sg 15,10). C’est aussi la cendre que les prophètes promettent aux pécheurs : « Sur la terre, je te réduis en cendre », prévient Ezéchiel (Ez 28,18) « les méchants (…) seront de la cendre sous la plante de vos pieds », annonce Malachie (Ml 3,21). Par analogie, c’est donc en se couvrant la tête de cendre que les pécheurs reconnaissent leur état et deviennent des pénitents : le roi de Ninive après la prédication de Jonas « se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre » (Jon 3,6).

Mais, pour la Bible, ce geste de pénitence anticipe aussi la victoire pour qui s’engage à faire confiance à Dieu. C’est le cas pour Judith qui, pour prier Dieu avant de combattre le Babylonien ­Holopherne, « répandit de la cendre sur sa tête et ne garda que le sac dont elle était vêtue » (Jdt 4,11). D’ailleurs, pour Isaïe, le Messie se manifestera en venant « consoler tous ceux qui sont en deuil » et « mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre » (Is 61,3).

 Le Père Olivier de Cagny, président de la Commission de la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Paris, nous donne quelques clés