Journée mondiale des pauvres, un rendez-vous incontournable pour François

Alors que le pape François doit rencontrer près de 500 pauvres à Assise ce vendredi en amont de la cinquième Journée mondiale des Pauvres le 14 novembre, Aleteia revient sur la genèse de cette journée qui ne cesse d’inspirer le pontificat du Pape et la façon dont elle se déroulera cette année.

Hugues Lefèvre – published on 11/11/21

« C’était l’aventure totale ». Étienne Villemain et Alix Montagne, aux origines de l’association Fratello, se souviennent avec émotion du premier pèlerinage des pauvres à Rome, en 2014, quand 200 sans-abri français avaient pu saluer le pape François. « Dans le train qui nous conduisait à Rome, nous ne savions même plus exactement combien nous étions. Nous nous laissions porter », raconte aujourd’hui le président de l’association qui s’est constituée à l’occasion de ce premier pèlerinage. L’expédition avait fini par déboucher place Saint-Pierre sur une intuition prophétique. La « papamobile » s’était arrêtée devant le groupe et Étienne Villemain avait suggéré au Pape de lancer… une Journée mondiale pour les pauvres.

L’idée allait faire son chemin. Deux ans plus tard, ils étaient cette fois près de 3.500 pauvres à être reçus par le pape argentin dans la salle Paul VI du Vatican. Durant l’audience – pendant laquelle le Pape avait demandé « pardon » au nom des chrétiens qui ne mettent pas la pauvreté au cœur de leur vie -, des pauvres avaient posé la main sur le pontife pour prier avec et pour lui. On était alors à quelques jours de la fin du Grand Jubilé de la Miséricorde. L’intuition de 2014 allait finalement éclore.

Dans sa lettre conclusive de l’année de la Miséricorde, Misericordia et misera, le pape François instituait « comme dernier signe concret de cette Année Sainte extraordinaire » une Journée mondiale des pauvres. Elle devait se dérouler chaque année le 14 novembre.

Le Pape à Assise avec les pauvres

Basilique Ste Marie des Anges, Assise

Cette année, pour célébrer la cinquième édition de cette Journée mondiale, le pape François a accepté de rejoindre plus de 400 pauvres dans une ville qu’il affectionne particulièrement, celle de saint François, l’ami des pauvres.

« Le pape des pauvres se rend dans la ville des pauvres pour être avec les pauvres », se réjouit Étienne Villemain, qui voit dans ce déplacement tout l’attachement que le pape porte aux plus fragiles. Une quinzaine de délégations européennes de personnes pauvres passera donc la matinée autour du chef de l’Eglise catholique. Seront également présents des enfants lourdement handicapés.

Cette rencontre se tiendra dans la matinée du 12 novembre, et non le 14, le pape souhaitant que chacun puisse repartir célébrer la Journée des pauvres au niveau local, le dimanche 14 novembre. « J’espère que cette 5e Journée mondiale des pauvres pourra s’enraciner au cœur de nos Églises locales et provoquer un mouvement d’évangélisation qui rencontre en premier lieu les pauvres », a-t-il d’ailleurs confié aux organisateurs.

Une Journée pour les pauvres célébrée dans le monde entier

Car la rencontre d’Assise ne veut pas surtout pas occulter les quelque 50 événements organisés ce weekend-là à travers le monde. Les 13 et 14 novembre, plus de 20.000 personnes en précarité – appelées fratelli – seront en effet mis à l’honneur à travers diverses initiatives sur les cinq continents.

Les « fratelli » vivront localement des temps de fraternité, avec des repas partagés, des veillées, des moments d’échange et de témoignage, et enfin un temps de prière en ligne qui unira les initiatives à travers le monde, le 14 novembre à 15h00, heure de Rome, annonce Fratello.

Au Brésil, à Madagascar dans la prison de Fianarantsoa, aux Philippines dans la décharge de Manille, au Rwanda dans le sanctuaire de Kibeho, en Pologne mais aussi au Liban ou bien en Syrie, des événements sont ainsi au programme. En Côte d’Ivoire, cette journée se déroulera même sur la semaine entière, avec près de 400 repas servis chaque jour et 7.000 familles visitées dans des bidonvilles.

En France, plusieurs diocèses sont mobilisés, comme à Saint-Denis, Toulon, Lourdes, Marseille, Belfort, Lyon ou encore Ajaccio. À Tréguier, par exemple, des fratelli seront accueillis et hébergés dans une quinzaine de familles de la ville bretonne. Ils partageront ensemble des repas constitués par les dons des habitants (légumes, jus grâce aux pommiers de Tréguier, crêpes locales), et découvriront différentes coutumes de la région, grâce aux ateliers de danses bretonnes.

Cette Journée des pauvres s’inscrira donc pleinement dans la tradition locale de cette ville marquée par la figure de saint Yves, avocat, défenseur des pauvres, et originaire de Tréguier, où ses reliques sont conservées.