Père Verkys : « C’est l’humble qui prie »

Edito du Bulletin Paroissial n° 151 du mois de Novembre

C’est en ces mots que je voudrais m’adresser à vous en ce début du mois de novembre qui clôt le mois du rosaire et qui s’ouvre par la fête de tous les saints. Les saints sont ceux qui ont su garder leur lampe allumée et veiller en attendant la venue de l’Époux. Dans leur état de veille et de service ils ont désiré ardemment le royaume en demandant à Dieu de le faire venir. Dans leurs supplications de tous les jours, ils l’ont quémandé, car ils savent que l’entrée dans le Ciel ne dépend pas de leur seul vouloir ou de leur force ou sacrifice. C’est un don gratuit de Dieu. Ils sont restés mendiants de cette grâce éternelle durant leur vie. Ils ont su prier constamment. Ils savent qu’ils se reçoivent de Dieu et que sans lui leur vie n’a point de sens.

L’orgueil de l’homme, qui pense être heureux parce que libre sans Dieu, plonge notre humanité dans un non-sens qui n’a pas encore fini de nous inquiéter et de nous poser question.

L’homme qui prie même quand il possède beaucoup ou tout, c’est celui qui reconnaît que ce qu’il a est un fruit de la bonté de Dieu et il rend grâce pour ce qu’il a. Il est assez humble et rejoint saint Paul dans son affirmation : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si  tu l’as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? » 1Co 4,7. L’homme riche ou pauvre qui est conscient que sa vie dépend de Dieu priera toujours ou pour rendre grâce ou pour demander ou pour supplier ou pour magnifier.

Le manque de prière nous éloigne progressivement de Dieu et rend notre cœur aride. Il fait de nous des fonctionnaires de Dieu ou des activistes de l’Église, pensant nous sauver par nos entreprises purement humaines et intellectuelles. La prière nous rapproche de Dieu, le manque de prière nous en éloigne.

En ce moment où notre Église vit des temps troubles, n’est-il pas temps de reconnaître que nous devons retourner à l’essentiel ? Car une vie de prière bien vécue inspire la « crainte » de Dieu (mot à prendre dans son sens spirituel).

Que l’humilité nous permette de retourner à Dieu et de demander pardon pour tous ces actes de pédocriminalité qui ont assombri le visage de l’Église qui est le Corps du Christ. Dans ces horreurs d’années sombres pour notre histoire, Dieu n’a ni été craint (respecté), ni aimé.

Pour ma part je prie pour toutes les victimes de pédocriminalité dont je comprends parfaitement la grande détresse. Que notre Dieu plein de miséricorde et de tendresse les guérisse et leur donne de remonter la pente.

De mon pays, le Bénin, où je passe une grande partie de ce mois de novembre, je reste uni à toutes et à tous par l’affection fraternelle et par mes prières. J’élèverai la Coupe du Salut chaque jour en pensant particulièrement à vous.

Bonne fin d’année liturgique et à bientôt !                     

Abbé Verkys NONVIGNON, curé