La Toussaint et Halloween🎃?

Comme son nom l’indique, la Toussaint est la fĂȘte de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont Ă©tĂ© de vivants et lumineux tĂ©moins du Christ.

Si un certain nombre d’entre eux ont Ă©tĂ© officiellement reconnus, Ă  l’issue d’une procĂ©dure dite de « canonisation », et nous sont donnĂ©s en modĂšles, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont Ă©galement vĂ©cu dans la fidĂ©litĂ© Ă  l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrĂ©tiens cĂ©lĂšbrent tous les saints, connus ou inconnus.
Cette fĂȘte est donc aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelĂ©s Ă  la saintetĂ©, par des chemins diffĂ©rents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.

La saintetĂ© n’est pas une voie rĂ©servĂ©e Ă  une Ă©lite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l’a fait comprendre en bĂ©atifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi diffĂ©rentes que le PĂšre Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou MĂšre TĂ©rĂ©sa


La vie de ces saints constitue une vĂ©ritable catĂ©chĂšse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualitĂ© de la Bonne nouvelle et la prĂ©sence agissante de l’Esprit Saint parmi les hommes. TĂ©moins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement – ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain -, par leurs doutes, leurs questionnements
 en un mot : leur humanitĂ©.
La Toussaint a Ă©tĂ© longtemps cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  proximitĂ© des fĂȘtes de PĂąques et de la PentecĂŽte. Ce lien avec ces deux grandes fĂȘtes donne le sens originel de la fĂȘte de la Toussaint : goĂ»ter dĂ©jĂ  Ă  la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espĂ©rance de la RĂ©surrection.

Toussaint et Halloween, est-ce la mĂȘme chose ?

Chaque annĂ©e, le 31 octobre, c’est Halloween, une fĂȘte d’origine celte. N’est-ce pas, pour les catholiques, une occasion Ă  saisir pour redĂ©couvrir la FĂȘte de tous les saints

Cette cĂ©rĂ©monie festive, en l’honneur de la divinitĂ© Samain (dieu de la mort), permettait de communiquer avec l’esprit des morts. Ce jour-lĂ , les portes entre le monde des vivants et celui des morts s’ouvraient : selon la lĂ©gende, cette nuit-lĂ , les fantĂŽmes des morts rendaient visite aux vivants.Pour apaiser les esprits, les villageois dĂ©posaient des offrandes devant leurs portes.

Cette fĂȘte est conservĂ©e dans le calendrier irlandais aprĂšs la christianisation du pays, comme un Ă©lĂ©ment de folklore, de carnaval. Elle s’implante ensuite aux Etats-Unis avec les Ă©migrĂ©s irlandais de la fin du XIXĂšme siĂšcle oĂč elle connaĂźt, aujourd’hui encore, un immense succĂšs. Halloween traversera ensuite l’Atlantique et arrivera en France essentiellement pour des raisons commerciales.

La « vraie lumiĂšre Â»

Halloween est avant tout un prĂ©texte pour « faire la fĂȘte Â» et oublier les longues soirĂ©es automnales, souvent pluvieuses et tristes. La Toussaint, elle, est une fĂȘte beaucoup plus recueillie, « intĂ©rieure Â». L’Eglise nous libĂšre de cette peur de la mort en insistant, au jour de la Toussaint, sur l’espĂ©rance de la RĂ©surrection et sur la joie de ceux qui ont mis les BĂ©atitudes au centre de leur vie. Elle recentre sur le Christ, vainqueur de la mort.

Quelques passages d’ Évangile peuvent d’ailleurs Ă©clairer ce dĂ©bat (Jn 1, 9 ; Mt 5, 14 ; Ps 139, verset 12).

FĂȘte de la peur et communion

Halloween est une fĂȘte de la peur. Les enfants « s’amusent Â» Ă  se faire peur (aux autres et Ă  eux-mĂȘmes).  La Toussaint, au contraire, est une fĂȘte de la communion, communion avec les saints, le 1er novembre, et avec les morts, le 2 novembre. Communion de tous par et avec un Dieu d’Amour. Être en communion de pensĂ©e, par la priĂšre, c’est ĂȘtre en lien, en
relation, en sympathie avec les autres. A contrario, cultiver la peur, c’est s’éloigner des autres, s’isoler d’eux, se replier sur ses peurs.