Un temps pour le rosé, un temps pour prier

“L’oraison, c’est bien joli, mais ce n’est pas pour moi”. Chaque année, beaucoup prennent de bonnes résolutions pour les vacances : prévoir un temps pour la prière, la méditation ou des lectures spirituelles. Malheureusement, les bonnes intentions sont souvent moins attirantes qu’un bon rosé au bord de l’eau… Et si l’apéritif était aussi un lieu pour commencer à prier ?

Seigneur, comme je te le disais l’autre fois, j’ai beau essayer, je n’arrive pas à prier. L’oraison, c’est bien joli, mais c’est pas pour moi. Comment ? Qui a dit : « Oh si, c’est aussi pour toi » ? Aïe, je n’aurais pas dû sortir sans mon chapeau de paille, ça y est j’entends des voix. C’est toi, Seigneur ? Eh bien, montre-moi comment ! Toute seule, je ne peux pas, je n’ai pas la force. Tu le vois bien, chaque année, c’est l’échec total. Je prends plein de bonnes résolutions et puis tout ça disparaît, plus vite qu’un bon rosé au bord de la Méditerranée. Ah ? Tu appelles ça une prière ? Attends, là, ce que je viens de te dire ? Oh, tu n’es pas difficile, c’est une bonne nouvelle. Ça serait donc aussi simple que cela, la prière ? Te parler de mes difficultés, de mes joies, de mes préoccupations ? Euh, très bien, moi, perso, je ne trouve pas ça passionnant, mais comment ? Que j’arrête de me juger, de juger ce que je te dis ? Que je te laisse juger ? Très bien, très bien, j’arrête…(silence).

Euh, allô, il y a quelqu’un  ? Ah, tu es là Seigneur. Bon, il faut que je te dise quelque chose. Je n’aime pas le silence. Ça m’angoisse. Là, en deux secondes, je me suis sentie perdue. Faut que tu te dises que je vis dans le bruit. J’habite dans une grande ville, tu sais. Alors, le silence, je connais pas, j’ai l’impression que tu n’es plus là. Pardon ? Tu étais là, dans le silence ? Et tu veux que j’arrête de parler ? Faut savoir ! Un coup tu veux que je te parle, un coup non.

Pardon, Seigneur, je fais ma mauvaise tête. Je le sais, il y a un temps pour tout. Un temps pour te parler, un temps pour t’écouter dans le silence. Pour t’écouter me parler à travers la beauté de ta Création : l’infini de cette mer, le grain fin du sable, la perfection de ce coquillage, le rire de cet enfant. Et à travers ta parole : un passage d’Évangile, un psaume. Oui, mon Dieu, tu es grand, tu es beeeeeeaaaau ! Aïe, il pleut Ouille ! Pas la grêle, Seigneur, je ne chante pas si faux ! D’accord, je me tais !