Trois bonnes raisons d’entrer dans une église au cours des vacances

Entrer dans une église est un geste gratuit où l’âme se ressource en Dieu tout en profitant d’un bain revigorant de beauté. Une halte rafraîchissante qui est aussi une triple source de grâce.

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« Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer. » Ainsi débute le poème de Paul ClaudelLa Vierge à midi. En cette période de vacances, beaucoup d’entre nous découvriront de nouvelles villes ou de nouveaux villages en France. Or, au beau milieu de ces agglomérations, grandes ou petites, l’église dresse sa haute et majestueuse silhouette. La porte est ouverte : n’hésitons pas à entrer dans la maison de Dieu. Il nous y attend ! Car une église ouverte est une grâce pour trois raisons principales.

1 LA PRÉSENCE DE DIEU

La première, la plus évidente, c’est que Dieu y est présent. Dans le Saint Sacrement, Jésus est là. Nous pouvons rester en sa compagnie, le prier, l’adorer, lui parler, lui confier nos peines, nos soucis, mais aussi nos joies, nos désirs. Certes, dans les petits villages, le Saint Sacrement n’est pas toujours présent. Qu’à cela ne tienne ! L’Église est la maison du Seigneur. Tout nous parle de Lui : l’autel, les chapelles latérales, les peintures, les statues, les chemins de croix le long de la nef. Si Dieu est partout, a fortiori dans les églises, fussent-elles privées de la Présence réelle. Dans ces édifices des générations de chrétiens ont prié depuis des temps immémoriaux. L’air que l’on y respire est chargé de cette piété qui nous vient du fond des âges et qui fortifie et apaise l’esprit. 

2 UN MOMENT DE GRATUITÉ

La seconde raison de franchir le seuil de nos églises en cette période estivale tient à ce que c’est là un geste gratuit qui s’accorde parfaitement avec le relâchement des congés. Gratuit aux deux sens du terme : aucun guichet à l’entrée ne vous sommera de vous acquitter d’un droit d’entrer, mais aussi gratuité dans le sens où nous n’avons aucune justification à fournir ni aux autres ni à nous-mêmes ! Gratuit comme l’amour.
Dans notre société marquée par le poids des évaluations mercantiles des êtres et des choses, où tout est rationalisé, pesé, la visite d’une église est un geste exempté de raisons économique, politique ou militante. Personne ne vous demandera vos papiers ou les motifs qui vous ont poussé à franchir le seuil de la maison de Dieu. Et si vous ne connaissez personne chez qui vous reposer au plus fort de la journée dans le village que vous traversez durant votre villégiature, vous avez toujours la possibilité de vous asseoir sur une chaise, dans la nef de son église, afin de vous y mettre au frais. Vous y êtes chez vous. Dieu non plus ne vous demandera pas vos papiers, trop heureux que vous Lui rendiez visite
 

3 L’ATTRAIT DU BEAU

Enfin, les églises sont des temples du Beau. Dieu est beau, ses églises également. Là un retable baroque, ici une mise au tombeau, plus loin des chapiteaux romans ou une fresque. Le Beau lui aussi est gratuit. Il élève l’âme, la porte à deviner derrière les apparences une présence plus belle encore. Nos villes moyennes se sont enlaidies à leurs périphéries. L’église nous replonge opportunément dans un bain de jouvence, car la beauté dit l’éternelle jeunesse de Dieu et de la Création. 

Les petites mains qui ouvrent et ferment nos églises sont des maillons essentiels de la nouvelle évangélisation.

Le crève-cœur des églises fermées

Le crève-cœur des églises fermées

Cependant on ne peut évoquer le plaisir de visiter les églises de France et de venir y prier sans mentionner les nombreux édifices fermés. Les raisons de ces portes closes sont connues : crainte des vols ou des sacrilèges, manque de personne pour assurer la surveillance. Que faire ? La meilleure réponse est l’assiduité des fidèles à veiller et à faire vivre nos églises. « Seule la présence d’une personne qui prie peut protéger l’église de l’intérieur » dit Benoît XVI.

Cependant, ne nous cachons pas la réalité : la déchristianisation rend la chose problématique dans de nombreux villages. Il reste tout de même la joie des bénévoles qui ouvrent les églises, les embellissent et les nettoient, lorsqu’ils découvrent sur le livre d’or placé dans le narthex des mots de remerciement pour l’église ouverte, la beauté du lieu et pour… les personnes qui ont rendu cet accueil possible dans les modestes villages qui ne sont pas des étapes obligées d’un parcours touristique. Les petites mains qui ouvrent et ferment nos églises sont des maillons essentiels de la nouvelle évangélisation