Je ne ferme pas mon cœur à la grâce

Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
          Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Psaume

 R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ;
 c’est l’heure de ta grâce. 

 C’est pour toi que j’endure l’insulte,
 que la honte me couvre le visage :
 je suis un étranger pour mes frères,
 un inconnu pour les fils de ma mère.
 L’amour de ta maison m’a perdu ;
 on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

 L’insulte m’a broyé le cœur,
 le mal est incurable ;
 j’espérais un secours, mais en vain,
 des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.
 À mon pain, ils ont mêlé du poison ;
 quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.

 Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique,
 je vais le magnifier, lui rendre grâce.
 Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
 « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
 Car le Seigneur écoute les humbles,
 il n’oublie pas les siens emprisonnés. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres  et leur dit: «Que voulez-vous me donner, si je vous le livre?» Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

 Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus: «Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque?» Il leur dit: «Allez à la ville, chez untel, et dites-lui: “Le Maître te fait dire: Mon temps est proche; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.”» Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

 Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara: «Amen, je vous le dis: l’un de vous va me livrer.» Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour: «Serait-ce moi, Seigneur?» Prenant la parole, il dit: «Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer.  Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là!» Judas, celui qui le livrait, prit la parole : «Rabbi, serait-ce moi?» Jésus lui répond: «C’est toi-même qui l’as dit!»

Méditons

Judas va jusqu’au bout de la trahison bien qu’il ait bénéficié de tous les enseignements de Jésus et certainement. Il est passé à côté des grâces qui émanaient du Christ. C’est là toute la liberté de l’homme qui choisit durablement Dieu ou choisit de se concentrer sur lui-même et ses intérêts. La grâce de Dieu peut couler à flots, sans une ouverture et un accueil de notre part aucun bénéfice n’est possible.
          De plus Judas s’imagine que Jésus ne sait pas que c’est lui le livrerait puisqu’il ose demander : « Rabbi, serait-ce moi?» Dieu nous connaît plus que nous-mêmes mais il respecte tellement l’homme qu’il n’a pas dit directement à tous que Judas est celui qui va le livrer. On parlerait de la délicatesse de Jésus. Il est dit du Serviteur souffrant qu’il brisera le roseau cassé, et il n’éteindra point la mèche qui faiblit.
 
                                  Je ne ferme pas mon cœur à la grâce